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Cameroun : des experts onusiens appellent à protéger la liberté d’expression

HCR /Elizabeth Mpimbaza
Des familles camerounaises ont trouvé refuge à Utanga, Obanliku, au Nigéria, après avoir fui l’insécurité dans les régions anglophones du Cameroun. Photo HCR/Elizabeth Mpimbaza
11 décembre 2018

Des experts de l’ONU ont exprimé leur préoccupation mardi concernant la répression de manifestants au Cameroun, à la suite de la récente réélection du Président Paul Biya.

« Les restrictions imposées récemment par le gouvernement camerounais aux droits d’assemblée pacifique et d’expression, semblent ignorer ce critère établi par les instruments internationaux auxquels est parti le Cameroun », ont affirmé les experts dans une déclaration.

Ils ont appelé à la protection de la liberté d’expression, la liberté d’assemblée pacifique et la liberté d’association, rappelant que les standards de droits de l’homme internationaux établissent le droit de chacun à participer à des manifestations pacifiques, ont-ils ajouté. « Toute restriction aux libertés d’assemblée pacifique et d’expression doit provenir de la loi et doit être nécessaire et proportionnelle ».

Les inquiétudes concernant la loi anti-terroriste n’ont toujours pas été résolues

Les experts ont notamment souligné que « la loi nationale anti-terroriste de 2014 ne devrait pas être utilisée pour entraver les assemblées pacifiques, les marches et les manifestations organisées par des partis politiques pendant un processus électoral ».

Selon cette loi, la garde à vue peut être étendue de 48 heures à 15 jours, et la juridiction transférée aux tribunaux militaires.

Les experts indépendants, nommés par le Conseil des droits de l’homme, avaient déjà exprimé des préoccupations aux autorités camerounaises, indiquant qu’une définition aussi large du terrorisme, qui inclue « la perturbation du fonctionnement normal des institutions publiques », pourrait être mal utilisée et entrainer l’interdiction d’assemblées pacifiques.

Ces inquiétudes n’ont toujours pas été résolues, selon les experts. « Les autorités devraient respecter le cadre légal national concernant les manifestations, qui requiert de la part des organisateurs de notifier les autorités sept jours avant la manifestation », ont-ils dit.

Les experts ont reconnu le pas positif que constitue l’abandon des charges judiciaires à l’encontre des 52 militants du Mouvement de la Renaissance du Cameroun, le 4 décembre dernier, à la demande du Procureur général de la cour d’appel du littoral, sur instruction du Ministère de la justice.

« Les allégations reçues le mois dernier semblent indiquer la mise en place d’un climat répressif envers la société civile, les partis politiques, et les personnes critiques vis à vis des résultats des élections, qu’il s’agisse de leurs droits d’exprimer leurs points de vue ou de manifester librement », ont ajouté les experts.

Ils ont renouvelé leurs appels pour une révision de la loi anti-terroriste de 2014, afin d’assurer qu’elle ne sera pas utilisée pour restreindre les libertés fondamentales telles que les droits à la liberté d’expression, d’assemblée pacifique et d’association.

Ils exhortent le gouvernement à assurer qu’un espace démocratique plus grand sera garanti avant, pendant et après les élections législatives et municipales prévues en 2019

L’ONU condamne la recrudescence des violences au Cameroun

HCR /Elizabeth Mpimbaza
Des familles camerounaises ont trouvé refuge à Utanga, Obanliku, au Nigéria, après avoir fui l’insécurité dans les régions anglophones du Cameroun. Photo HCR/Elizabeth Mpimbaza

20 novembre 2018

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme condamne la recrudescence de la violence dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun.

« Nous condamnons fermement les violations des droits de l’homme et les exactions commises contre les populations des régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun », a déclaré Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat, lors d’une point de presse organisé mardi à Genève.

« Nous sommes profondément préoccupés par la recrudescence de la violence dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun, car nous continuons de recevoir des informations faisant état d’enlèvements et d’assassinats par des groupes armés, ainsi que d’exécutions extrajudiciaires par les forces armées de l’État », a-t-elle ajouté.

Nous condamnons fermement les violations des droits de l’homme et les exactions commises contre les populations – Ravina Shamdasani, porte-parole du Haut-Commissariat

Ravina Shamdasani a fait valoir qu’outre l’enlèvement très médiatisé et la libération ultérieure de 78 étudiants et de trois membres du personnel d’une école secondaire presbytérienne de Bamenda, dans le nord-ouest du pays, le Haut-Commissariat reçoit régulièrement des informations faisant état d’enlèvements, qui auraient été commis par des groupes sécessionnistes armés.

Au cours des deux dernières semaines, le Bureau des droits de l’homme indique avoir reçu des informations faisant état d’enlèvements de huit élèves et d’un responsable d’école à Kumba, dans le sud-ouest du pays, et d’au moins 13 religieuses près de la localité de Bamessing, dans le nord-ouest du pays.

« Ils ont tous été libérés par la suite, après que des parents ont payé des rançons et que le diocèse catholique de Kumba est intervenu », a précisé la porte-parole.

Demande réitérée d’une mission d’évaluation

Le Haut-Commissariat réitère sa volonté de travailler avec le gouvernement du Cameroun, y compris par le biais d’une mission d’évaluation dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays.

« Cela nous permettra de pouvoir examiner directement la situation des droits de l’homme et de discuter avec le gouvernement en conséquence des moyens de remédier à la situation », a dit la porte-parole.

« Nous exhortons le gouvernement à respecter et à protéger les droits de tous, à donner suite aux griefs de longue date des communautés de ces régions, y compris par le dialogue, à enquêter rapidement sur tous les cas de violations impliquant apparemment ses forces de sécurité et de défense, et à en tenir les auteurs responsables », a-t-elle ajouté.

Ravina Shamdasani a également indiqué que ces derniers mois, les forces armées camerounaises auraient procédé à plusieurs exécutions extrajudiciaires dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest.

La population de ces régions vit dans la peur et se trouve dans l’impossibilité d’accéder à ses droits fondamentaux – Ravina Shamdasani, porte-parole du HCDH

« Le 20 octobre, dans le village de Rom, dans le nord-ouest de Nwa, les forces de sécurité auraient tué quatre villageois lors d’un affrontement avec des groupes armés sécessionnistes, tandis que le 24 septembre, deux hommes soupçonnés d’être des combattants sécessionnistes auraient été tués sur place », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’il y avait eu de nombreux rapports de ce type au cours des mois précédents.

« Nous exhortons toutes les parties à s’abstenir d’actes de violence qui, depuis plus d’un an, font que la population de ces régions vit dans la peur et se trouve dans l’impossibilité d’accéder à ses droits fondamentaux », a-t-elle affirmé.

La porte-parole a également mentionné le fait que son Bureau a reçu des informations selon lesquelles des groupes sécessionnistes armés auraient attaqué des écoles et détruit des bâtiments d’école, ce qui, ajouté aux inquiétants enlèvements, a empêché de nombreux enfants d’exercer leur droit à l’éducation depuis le début des violences en octobre dernier. Des informations font également état d’enlèvements et de meurtres de policiers et d’autorités administratives.

Ce qui avait commencé comme des manifestations en octobre 2016 dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest contre la discrimination structurelle a dégénéré en violence en 2017, et la situation s’est considérablement aggravée depuis. Les violences ont entraîné des déplacements internes massifs : au moins 436.000 personnes seraient déplacées, alors que plus de 30.000 se sont réfugiées au Nigéria depuis septembre dernier.

Campagne : Mobilisez-vous #EnBleuPourChaqueEnfant

A l’occasion de la Journée Internationale de l’Enfant le 20 novembre l’UNICEF a lancé une campagne sur les réseaux sociaux. L’UNICEF Cameroun  nous invite à signer la pétition en ligne en faveur des droits de l’enfant.

On the occasion of the World Children Day on November 20th, UNICEF launched a campaign on social networks. UNICEF Cameroon invites us to sign the online petition in favor of Child Rights .

Ci-dessous le lien / Please use the link below:

https://www.unicef.org/fr/journee-mondiale-enfance

Sports for Achieving the SDGs in Cameroon

Saturday the 27th October was set aside to highlight Sports for Achieving the Sustainable Development Goals in Cameroon, as part of the 73rd United Nations day in Cameroon.

sportswalk by men, women and children in the presence of the UN Resident Coordinator, Minister Abena Ondoua of Women’s Empowerment and the Family, Ambassadors, Mr. Achille Basiliken; Secretary General-MINREX among other dignitaries took place along major streets in Yaounde. Participants walked through the streets of Obili, Melen and Ngoa-ekelle to the military stadium for the Sustainable Development Goals. This parade was guided by the security forces and the Cameroon Red Cross. caught the attention of many curious onlookers whereby some immediately joined the crew.

A semi-tournament pitting teams from the United Nations, MINREX, Diplomatic Corps and Civil Society was also on schedule. Ms Allegra Baiocchi; UN Resident Coordinator gave the kickoff of the opening match between the ladies of MINREX and the UN system.

The matches were hotly contested, in a spirit of fair play and for the good of the game and SDGs. 

Official Ceremony for UN Day 2018

The 24 October UN Day celebration in Cameroon took place at Ministry of External Relations (MINREX) on the theme: “Energy, key driver to Sustainable Development Goals (SDGs) in Cameroon”.

Ms. Allegra Baiocchi; UN Resident Coordinator in Cameroon stressed on mutual empowerment and support towards achieving the SDGs, appealed that“we must fight poverty, inequality” and thanked the people and government of Cameroon for their faithful cooperation with the United Nations.

She further read the UNSG message on the occasion, in which Mr. Antonio Guterres urged all of us not to give up, despite the challenges;hardship, inequality, increasing rates of conflicts, extreme poverty in the World.

H.E Adoum Gargoum; Minister Delegate at the Ministry of External Relations in charge of cooperation with the Islamic World also stressed the importance of working in synergy to build a better world. Participants also watched a video projection on the UN – Cameroon cooperation in achieving the SDGs.    

Cameroun : le chef de l’ONU demande la libération immédiate des collégiens enlevés à Bamenda

6 novembre 2018

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a condamné mardi l’enlèvement présumé d’élèves et de membres du personnel d’une école secondaire de Bamenda, la capitale de la région du Nord-Ouest du Cameroun.

Selon les informations rapportées par la presse, des hommes armés non identifiés ont pris d’assaut dans la nuit de dimanche à lundi l’école secondaire presbytérienne située dans le quartier de Bamenda III, sur les hauteurs de la ville. 79 collégiens, leur principal, un chauffeur et un enseignant auraient été enlevés dans cette attaque.

M. Guterres a appelé à leur libération immédiate et à leur retour dans leurs foyers et leurs familles. « Rien ne peut justifier ces crimes contre des civils, en particulier des mineurs », a déclaré son porte-parole dans une déclaration de presse.

Cet enlèvement s’est produit dans un contexte particulièrement tendu dans la partie anglophone du Cameroun ou une crise oppose les séparatistes aux forces de l’ordre.

Le chef de l’ONU a réitéré la nécessité d’une solution aux crises qui touchent les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun par le biais d’un processus de dialogue inclusif. « Les Nations Unies sont prêtes à apporter leur aide à cet égard », a souligné son porte-parole.

Statement attributable to the Spokesman for the Secretary-General on abductions in Cameroon
 
The Secretary-General condemns the reported kidnapping on 5 November of students and staff from a secondary school in Bamenda, North-West region of Cameroon. He calls for their immediate release and return to their homes and families. There can be no justification for these crimes against civilians, particularly minors.

The Secretary-General reiterates the need for a peaceful solution to the crisis in the North-West and South-West regions of Cameroon through an inclusive dialogue process. The United Nations stands ready to assist in this regard.
 
Stéphane Dujarric, Spokesman for the Secretary-General
New York, 6 November 2018

Cameroun : SG de l’ONU appelle les électeurs à se rendre aux urnes pour le scrutin présidentiel

Cameroun : le chef de l’ONU appelle les électeurs à se rendre aux urnes pour le scrutin présidentiel

Photo ONU/Mark Garten
Le Secrétaire général de l’ONU António Guterres.
4 octobre 2018

Alors que le Cameroun se prépare à tenir des élections présidentielles le 7 octobre, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a encouragé jeudi tous les Camerounais à exercer leur droit démocratique et a appelé à un processus pacifique, crédible et inclusif.

« Le Secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à faire preuve de retenue avant, pendant et après les élections », a dit son porte-parole adjoint, Farhan Haq, dans une déclaration à la presse.

« Il appelle également tous les candidats à résoudre tout grief lié au processus électoral par les voies légales et constitutionnelles établies », a-t-il ajouté.

« Le Secrétaire général condamne toute menace de violence ou tout acte d’intimidation par quelque groupe que ce soit et réitère que tous les griefs doivent être résolus dans le cadre d’un dialogue inclusif. Les Nations Unies sont prêtes à apporter un soutien à cet égard », a encore dit le porte-parole adjoint

S.E Lejeune Mbella Mbella devant l’Assemblée générale de l’ONU

Photo ONU/Cia Pak
Le Ministre des affaires étrangères du Cameroun Lejeune Mbella Mbella devant l’Assemblée générale des Nations Unies. 28 septembre 2018

Le Ministre des relations extérieures du Cameroun, Lejeune Mbella Mbella, a assuré jeudi que « la consolidation de la culture démocratique au Cameroun est un processus inéluctable, malgré les défis sécuritaires » auxquels le pays fait face.

Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, M. Mbella a affirmé que son pays avait procédé au perfectionnement de son système électoral, d’une part par le renforcement des mécanismes d’organisation des élections, d’autre part par des mesures visant à assurer une participation élevée aux prochains scrutins, dont le plus proche est l’élection présidentielle prévue pour le 7 octobre de cette année.

Le ministre a également affirmé que grâce à des efforts coordonnés avec les pays voisins du Bassin du lac Tchad, « la capacité de nuisance de la secte terroriste Boko Haram a été considérablement réduite, même s’il faut rester mobilisé jusqu’à son éradication totale ».

Le ministre a par ailleurs assuré que le gouvernement camerounais restait déterminé à « stabiliser la situation socio-politique dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du pays. Il a caractérisé les troubles récemment observés dans ces régions comme provenant de revendications corporatistes de syndicats d’enseignants et d’avocats.

« Malheureusement, a-t-il ajouté, des individus sans foi ni loi ont cru devoir transformer ces préoccupations socioprofessionnelles en revendications sécessionnistes, visant la désintégration de l’Etat ». Il a assuré que le gouvernement s’employait à restaurer paix et sécurité dans ces régions « dans le respect des droits de l’homme et des lois » et était déterminé à « garantir aussi bien la sécurité des personnes et des biens que l’unité et l’intégrité du territoire national ».

M. Mbella a par ailleurs exalté le multilatéralisme comme étant « la voie la plus appropriée pour répondre aux défis auxquels l’humanité fait face aujourd’hui ». Il a estimé que le rôle et l’avenir de l’ONU restaient « tributaires de la volonté des Etats membres de raffermir sa légitimité, sa démocratisation et sa représentativité ».

Cela passe par les réformes de ses organes, au rang desquels le Conseil de sécurité, a-t-il dit, ajoutant que l’on ne pouvait envisager « la pérennisation de la marginalisation de l’Afrique, qui demeure le seul continent à ne pas disposer d’un siège permanent au sein du principal organe chargé de la paix et de la sécurité internationales ».