Category Archives: Central African Republic

La Session d’information sur la situation humanitaire en République centrafricaine à Yaounde, Cameroun

Yaoundé, le 15 mars 2017 – La situation humanitaire continue de se dégrader en République centrafricaine (RCA). Avec la recrudescence de la violence et la multiplication des foyers de tension depuis le mois de septembre 2016 et le premier trimestre 2017, plus de 100 000 nouveaux déplacés ont été enregistrés, portant le nombre de déplacés internes 402 240. Ceci implique qu’un Centrafricain sur cinq est soit déplacé soit réfugié dans les pays limitrophes.

Alors que cette situation crée de nouveaux besoins urgents, le financement de l’action humanitaire suit une tendance à la baisse amorcée depuis 2014. Le budget du Plan de réponse humanitaire 2017 pour la RCA d’un montant de 399,5 millions de dollars n’est financé à ce jour qu’à hauteur de 5% soit 19 millions. En 2016, seuls 37% des 531,5 millions de dollars requis n’ont été mobilisés. Dans ce contexte, la RCA demeure le seul pays au monde où la moitié de la population doit sa survie à l’aide humanitaire.

Ministre des Affaires sociales et de la réconciliation de la RCA

«Ne laissons pas la Centrafrique devenir une crise oubliée ou négligée par le reste du monde » ont lancé de concert le ministre des Affaires sociales et de la réconciliation, Virginie Baikoua et le Coordonnateur humanitaire ad intérim en RCA, Michel Yao, aux partenaires techniques et financiers réunis le 15 mars 2017 à Yaoundé au Cameroun, à l’occasion une session d’information sur la situation humanitaire.

Coordonnateur humanitaire ad intérim en RCA

Des progrès indéniables ont été réalisés mais 2,2 millions de Centrafricains soit la moitié de la population dépend de l’aide humanitaire. «La République centrafricaine demeure une priorité absolue pour la communauté humanitaire » a rappelé Michel Yao. Le sous-financement chronique de l’action humanitaire a entrainé une baisse perceptible de l’aide humanitaire en termes qualitatif et quantitatif. La diminution de moitié des rations alimentaires dans plusieurs régions en atteste.

Représentants des donateurs de la RCA, Corps diplomatiques, et ONU

Des acteurs humanitaires se sont complétement retirés en divers endroits faute de financement alors qu’ils étaient souvent les seuls à procurer des services sociaux de base. La disparition de ces activités est déplorable notamment dans le secteur de la santé. En 2016, les dernières estimations montraient que 56% des infrastructures de santé étaient tenues par les humanitaires.

Cette situation risque d’hypothéquer les acquis obtenus si un niveau de financement adéquat ne permet pas de les consolider et de tomber dans une crise humanitaire plus aiguë. Afin de mieux répondre aux nouveaux besoins exprimés et faire face à ceux qui préexistaient tout en prenant en compte les contraintes logistiques et infrastructurelles spécifiques à la RCA, Michel Yao et Virginie Baikoua en ont à nouveau appelé à la générosité des donateurs.

«Cela nous aidera aussi à proposer un autre récit de la Centrafrique au reste du monde et un nouveau départ aux Centrafricains et aux Centrafricaines » a conclu Virginie Baikoua.

Déclaration conjointe sur la République centrafricaine de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale, l’Union africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Union européenne et l’Organisation des Nations unies

19 février 2017
Libreville, Addis Abéba, Paris, Bruxelles et New York, le 19 février 2017: La Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), l’Union africaine, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Union européenne (UE) et l’Organisation des Nations unies (ONU) sont profondément préoccupées par la situation sécuritaire en République centrafricaine (RCA), en particulier dans les préfectures de la Ouaka et de la Hautte-Kotto.

Les cinq organisations partenaires condamnent les dernières violences perpétrées par le Front populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) et ses alliés, ainsi que par le Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC), qui ont causé de lourdes pertes parmi les populations civiles et des déplacements importants, aggravant ainsi une situation humanitaire déjà alarmante. Elles expriment leur profonde appréciation pour l”action robuste que la MINUSCA a prise dans le cadre de son mandat, pour protéger les civils et aider à mettre fin aux violences dans les zones menacées par les belligérants, et l’encouragent à persévérer dans ses efforts. Les cinq organisations partenaires exigent des belligérants qu’ils cessent immédiatement les hostilités. Elles rappellent que toute attaque contre la population civile, le personnel des Nations unies et des organisations humanitaires est passible de poursuites judiciaires, conformément à la législation centrafricaine et au droit international. Elles saluent les mesures prises en vue du fonctionnement effectif de la Cour pénale spéciale.

Les cinq organisations partenaires rappellent que seul le dialogue, dans le respect de l’ordre constitutionnel et démocratique, permettra de trouver des réponses appropriées et durables aux préoccupations légitimes des différents acteurs centrafricains concernés. A cet égard, elles réitèrent l’importance que revêt l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation portée par l”UA, la CEEAC et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et soutenue par l”Angola, le Congo et le Tchad. Elles expriment leur engagement à travailler ensemble à l’aboutissement de cette Initiative, en appui aux efforts du Président Faustin-Archange Touadéra visant à promouvoir durablement la réconciliation et une gouvernance inclusive dans le prolongement des conclusions du Forum de Bangui. Elles soulignent que les groupes armés qui se livreraient à de nouvelles violences courent le risque de s’exclure, d’eux-mêmes, de l’Initiative africaine et s’exposent à des sanctions internationales additionnelles.

Joint statement on the Central African Republic by the Economic Community of Central African States, the African Union, the International Organization of La Francophonie, the European Union and the United Nations

The Economic Community of Central African States (ECCAS), the African Union (AU), the International Organization of La Francophonie (IOF), the European Union (EU) and the United Nations (UN) are deeply concerned by the security situation in the Central African Republic (CAR), particularly in the prefectures of Ouaka and Hautte-Kotto.

The five partner organizations condemn the latest acts of violence perpetrated by the Front populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) and its allies, as well as by the Mouvement pour l’Unité et la Paix en Centrafrique (UPC), that have caused heavy civilian losses and significant population displacement, thereby worsening an already alarming humanitarian situation. They express their deep appreciation for the robust action undertaken by MINUSCA, in the framework of its mandate, to protect civilians and help put an end to violence in the areas threatened by the belligerents, and encourage it to continue its efforts.

The five partner organizations demand that the belligerents cease the hostilities immediately. They recall that all attacks against the civilian population, the United Nations and humanitarian personnel may be subject to judicial prosecution, in line with the Central African legislation and international law. They welcome the measures put in place for the operationalization of the Special Criminal Court. The five partner organizations recall that only dialogue, in adherence with the constitutional and democratic order, will allow the concerned Central African actors to find the appropriate and sustainable responses to their legitimate grievances. In this regard, they reiterate the importance of the African Initiative for Peace and Reconciliation led by the AU, ECCAS and the International Conference on the Great Lakes Region (ICGLR) and supported by Angola, the Republic of Congo and Chad. They expressed their commitment to work together for the success of this Initiative, in support of the efforts of President Faustin-Archange Touadéra aimed at sustainably promoting reconciliation and inclusive governance in line with the conclusions of the Bangui Forum. They underscore that those armed groups that engage in new violent acts run the risk of excluding themselves from the African Initiative and expose themselves to additional international sanctions.

Centrafrique : le chef des opérations de paix affiche un optimisme prudent sur la situation dans le pays

Une jeune fille lit un livre dans un abri de fortune dans un camp de déplacés à Bangui, en République centrafricaine. Photo UNICEF/Tanya Bindra (archives)

15 février 2017 – Devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a déclaré mercredi que la République centrafricaine (RCA), qui se tenait « au bord de l’abîme » il y a encore trois ans, était « en train d’aller de l’avant sous la direction du Président Faustin-Archange Touadéra », malgré la persistance de la violence. « La situation sécuritaire à Bangui, dans son ensemble, s’est progressivement stabilisée au cours de ces derniers mois », a déclaré M. Ladsous soulignant que les violences associées à la transhumance dans le nord-ouest du pays continuaient, contrastant avec le calme relatif qui règne dans la capitale centrafricaine.

Des violences à connotation ethnique

« Les affrontements en cours entre des factions rivales ex-Séléka, à savoir le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC), minent la région centrale, notamment en portant une connotation ethnique inquiétante », a-t-il alerté. Le Secrétaire général adjoint a averti que ces combats, principalement alimentés par des luttes de pouvoir et des conflits sur le contrôle des ressources, menaçaient de mettre à mal le processus de paix dans le pays et aggravaient une situation humanitaire déjà « alarmante ». « La violence qui persiste et la réticence de certains groupes à rejoindre le cadre proposé par le Président Touadéra est une source de grave préoccupation », a poursuivi M. Ladsous. Afin d’y remédier, le Secrétaire général adjoint a appuyé l’Initiative africaine pour la paix et la réconciliation entre le gouvernement et tous les groupes armés dans le pays, lancée notamment par l’Union africaine, qui vise à la résolution du conflit et à l’instauration d’une paix durable.

M. Ladsous a souhaité que cette initiative africaine s’appuie sur les efforts du Président Touadéra et a jugé nécessaire que les griefs légitimes des groupes armés ne relèguent pas au second plan les aspirations de la vaste majorité des Centrafricains. « Malgré la situation sécuritaire dans certaines parties du pays, des progrès ont été enregistrés s’agissant du cadre de dialogue formel avec les groupes armés sur le désarmement, la démobilisation, la réintégration et le rapatriement établi par le Président », a-t-il dit, précisant que 12 des 14 groupes armés y participaient.

Parmi les autres avancées, le chef des opérations de maintien de la paix a mentionné le lancement d’une campagne nationale de recrutement de 500 policiers et gendarmes, le déploiement prochain d’un premier contingent centrafricain formé par l’Union européenne (UE) et la nomination, annoncée mercredi, d’un procureur spécial auprès de la Cour pénale spéciale.

VIDEO: La MINUSCA s’est adaptée à la situation évolutive en Centrafrique annonce le chef du maintien de la paix

Une situation humanitaire toujours critique

M. Ladsous a également détaillé la situation humanitaire en RCA qui se dégrade en raison de la violence dans les régions et d’une diminution de l’aide internationale. « Avec environ 2, 2 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population, ayant besoin d’une aide alimentaire, et environ 100.000 personnes nouvellement déplacées, la diminution des ressources financières est extrêmement préoccupante », a-t-il dit.

M. Ladsous a, toutefois, souligné « l’inébranlable solidarité » de la communauté internationale avec le peuple centrafricain, marquée par les promesses de don de plus de 2,2 milliards de dollars enregistrées lors de la Conférence de Bruxelles pour la RCA organisée sous les auspices de l’UE en novembre 2016. « Le Cadre d’engagement mutuel signé lors de cette conférence sera un mécanisme important pour un partenariat durable entre la République centrafricaine et la communauté internationale », a affirmé le Secrétaire général adjoint qui a promis l’appui de l’ONU à la RCA en vue d’une bonne mise en œuvre de ce cadre.

Réactivité et flexibilité de la MINUSCA

M. Ladsous a souligné la détermination de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) à utiliser la force pour protéger les civils, comme l’a montré son intervention, le 13 février, contre une colonne de 300 éléments de la coalition menée par les FPRC. « La Mission, ainsi que les forces de Sangaris et de l’UE, ont permis d’empêcher des atrocités de masse et l’effondrement total de l’État centrafricain », a déclaré le chef des Casques bleus, se félicitant du retour de l’ordre constitutionnel dans le pays, qui est aujourd’hui doté d’un Parlement fonctionnel, tandis que l’autorité de l’État se restaure progressivement.

Près de trois ans après sa création, la MINUSCA a également diminué le nombre de ses bases d’opération aux fins d’une plus grande flexibilité. « Les progrès ne doivent pas s’arrêter là », a poursuivi M. Ladsous, appelant à tirer les leçons du passé et à poser les bases d’une paix et d’un développement durable dans le pays, même si la MINUSCA ne saurait être perçue « comme la réponse à tous les défis ». « Je continue de croire que rétablir une paix durable en RCA est à notre portée à tous, collectivement », a conclu le Secrétaire général adjoint.

Centrafrique: l’ONU condamne l’attaque meurtrière contre des Casques bleus dans le sud-est du pays

Des Casques bleus marocains servant au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA). Photo: ONU/Catianne Tijerina

4 janvier 2017 – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a fermement condamné mercredi l’attaque dont a été victime un convoi de Casques bleus marocains, mardi après-midi, à environ 60 km à l’ouest de la ville d’Obo, dans le sud-est du pays.

Deux soldats de la paix ont perdu la vie dans cette attaque tandis que deux autres ont été blessés et reçoivent actuellement les soins appropriés.

L’incident est survenu alors que les Casques bleus assuraient l’escorte d’un convoi de camions transportant du fuel de la localité de Zemio à destination d’Obo, a précisé la MINUSCA dans un communiqué. Les auteurs de l’attaque se sont enfouis dans la brousse.

« Aucune revendication ne saura justifier que des individus dirigent leurs griefs contre des Casques bleus dont la présence sur le sol centrafricain n’a d’autre objectif que d’aider le pays à sortir de l’engrenage de la violence », a averti le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSCA, Parfait Onanga-Anyanga, qui a garanti que « tout sera mis en œuvre pour traquer et mettre la main sur les auteurs de ces attaques afin qu’ils soient traduits en justice ».

L’opération de maintien de la paix en RCA a rappelé que « porter atteinte à la vie d’un soldat de la paix peut être considéré comme un crime de guerre et passible de poursuites judiciaires ».

Deux Casques bleus ont été tués mardi après-midi en République centrafricaine, alors qu’ils assuraient l’escorte d’un convoi de camions.

« Les Casques bleus mais aussi les acteurs humanitaires et surtout la populations civiles sont victimes de ces groupes armées » a déclaré le porte-parole de la MINUSCA, Vladimir Monteiro dans un entretien à ONU Info. « Mais cela m’empêchera pas la force de poursuivre sa mission : œuvrer pour que la paix et la stabilité durable règnent en RCA », at-il souligné, précisant que la force et la police multiplient les patrouilles pour assurer la protection des populations « même s’ils doivent en payer le prix ».

Le porte-parole a précisé qu’entre 30 et 40 Casques bleus sont décédés dans le depuis le déploiement de la MINUSCA en 2014, dont un grand nombre dans un contexte d’attaques.

Le Vice-Secrétaire Général – Discours prononcé devant l’Assemblée Nationale de la République Centrafricaine

Bangui, le 2 novembre 2016

ob_7ffd72_jan-eliasson-1-jpg
Très Honorable Président de l’Assemblée nationale, Karim Meckassoua
Honorables Parlementaires,
Honorables Membres du Gouvernement,  
Chers invités,
Mesdames et Messieurs,
Bonjour,

Je vous salue tous. 
[En sango] : Mbi Bala Ala Koué.

C’est pour moi un grand honneur et un réel plaisir de visiter la République centrafricaine au nom des Nations unies et du Secrétaire générale Ban Ki-moon et de me trouver ici, devant votre haute Assemblée nationale. Je vous remercie vivement de me donner, aujourd’hui, l’occasion de m’adresser à vous. J’apprécie beaucoup les mots très aimables que vous avez eu à mon endroit et à l’endroit des Nations Unies et de la MINUSCA.
Plus tôt ce matin, j’ai eu l’honneur de rencontrer Son Excellence le Président Touadéra. Il m’a fait part de sa vision lucide pour l’avenir du pays. Pour venir ici, j’ai traversé la ville et j’ai été frappé de constater les progrès considérables accomplis par la RCA (République centrafricaine) et la vitalité de son peuple. Le succès des élections peut servir d’exemple pour l’Afrique centrale et tant d’autres pays du monde. Votre élection à cette Assemblée et le rétablissement de l’ordre constitutionnel n’aurait pas été possible si les forces de la paix n’avaient pas vaincu les forces de la haine.  Un nombre sans précédent de Centrafricains se sont inscrits sur les listes électorales pour décider de l’avenir de leur pays.  Les centrafricains ont ainsi clairement exprimé leur désir de paix et de prospérité pour l’avenir. Félicitations à vous tous ! 
Mesdames et Messieurs,Le mois d’octobre a été particulièrement violent. Cela a résulté à la mort tragique de nombreuses personnes et plusieurs blessés, notamment ici à Bangui, à Bambari ou à Kaga Bandoro. Nous avons tiré les leçons de ces évènements douloureux et ferons tout ce qui est en nos capacités pour prévenir de telles atrocités. Je condamne fortement ces violences. Je tiens aussi à exprimer toute ma compassion et mes condoléances à votre peuple et aux familles de toutes les victimes.
Je vous assure que nous sommes déterminés à faire toute la lumière sur l’incident regrettable de lundi dernier à Bangui. La MINUSCA soutiendra toute demande formulée par les autorités judiciaires de la RCA à cet effet. J’affirme sans ambiguité que la Mission est là pour protéger la population centrafricaine et elle le fera en toute impartialité. Nous respectons le droit de chacun de manifester pacifiquement et protégerons ce droit si nécessaire. Mais, je vous appelle aussi à ne pas céder aux discours provocateurs ou aux tentatives de déstabilisation de vos nouvelles institutions démocratiques par les ennemis de la paix. Nous devons ensemble faire front contre ceux qui veulent empêcher la marche résolue et pacifique du pays vers plus de progrès et prospérité partagée.
Mesdames et Messieurs,
Le peuple centrafricain vous a donné un mandat clair, un mandat de paix, un mandat de changement. Un parlement dynamique et actif est l’un des piliers de la démocratie. Je vous engage à vous acquitter de votre mandat de bonne foi, à défendre les intérêts de vos électeurs et à œuvrer dans l’intérêt supérieur du pays et son peuple. La réconciliation devrait être au cœur de tous vos efforts. Pour guider le pays sur la voie de la paix, de la réconciliation et du développement, il est indispensable d’œuvrer ensemble.
Les problèmes que connaît la République centrafricaine sont redoutables. Près d’un million de centrafricains sont déplacés. La moitié de la population a besoin d’aide humanitaire comme vous le savez. Pratiquement toute l’infrastructure et les services essentiels doivent être reconstruits.
Pour aller de l’avant, il faudra traiter les causes profondes du conflit, mettre fin à l’impunité, favoriser l’ouverture politique et lutter contre la marginalisation de certains groupes et de certaines communautés. En votre qualité de parlementaires, vous jouez un rôle crucial. Vous avez le pouvoir d’adopter des lois propres à garantir l’égalité et le bien-être de tous les centrafricains.  Vous avez le pouvoir de demander des comptes au gouvernement sur sa gestion du pays, et de répondre aux besoins et aux aspirations des hommes, femmes et enfants que vous représentez.
Je vous engage vivement à unir vos efforts pour atteindre ces objectifs communs. L’Histoire retiendra les noms des dirigeants qui font passer les intérêts de la nation avant les leurs. Je vous conjure non seulement de jouer votre rôle traditionnel de parlementaires, mais également de vous faire les défenseurs du dialogue et de la réconciliation, en vous appuyant sur les résultats importants du Forum de Bangui.
Mesdames et Messieurs,
Devant vous aujourd’hui, je réaffirme la profonde détermination de l’Organisation des Nations Unies et de la communauté internationale à honorer pleinement leur partenariat avec la République centrafricaine. En ce qui concerne l’ONU, l’appui que nous avons fourni dans les domaines de l’aide humanitaire, de la réconciliation, du relèvement et du développement, et bien entendu, la présence de la MINUSCA, sont les preuves de notre engagement.
Dans l’accomplissement de notre mission dans votre pays, nous continuerons à faire de la protection des populations civiles une préoccupation fondamentale. A cet égard, le Secrétaire génerale et moi-même continuerons à exiger de nos casques bleus et de tous nos personnels une conduite exemplaire et un respect strict de notre politique de tolérance zéro contre l’exploitation sexuelle et les abus sexuels. Avec le Gouvernement centrafricain, l’Union européenne, l’ONU, et la Banque mondiale, nous avons élaboré un « plan national pour le relèvement ». Ce plan sera présenté et examiné à la conférence des donateurs à Bruxelles le 17 novembre, à laquelle je participerai et je dirigerai la délégation des Nations Unies.
Je suis certain que les autorités centrafricaines sauront montrer au peuple et à la communauté internationale qu’elles se sont durablement engagées à faire ce qu’il faut. C’est à dire entreprendre les transformations nécessaires pour rétablir la sécurité à long terme et la justice pour tous les centrafricains, en instituant une gouvernance inclusive, dans le respect de l’état de droit. Ensemble, nous devons bâtir, et nous bâtirons, un avenir meilleur pour le peuple centrafricain. L’ONU est là, à votre côté, dans cette mission noble et nécessaire.
Travaillons ensemble pour la paix, la sécurité et une vie en dignité pour le peuple centrafricain.
Je vous remercie pour votre invitation et votre attention.

UN Secretary-General on the Central African Republic [scroll down for French]

Secretary General Ban Ki-moon. UN Photo/Mark Garten (file)

Secretary General Ban Ki-moon. UN Photo/Mark Garten (file)

New York, 25 October 2016,

The Secretary-General condemns the outbreak of violence on 24 October in Bangui, Central African Republic, which resulted in the tragic death of at least four civilians and the injuring of a further nine. He deplores the attacks against the Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA), in which five peacekeepers were injured.

The Secretary-General welcomes the determination of the Government to ensure that the perpetrators and instigators of these attacks are brought to justice. He also welcomes the commitment of MINUSCA to investigate the events which led to the deaths and injuries.  He reiterates that MINUSCA will take all necessary measures, in line with its mandate to protect civilians and foster stability.

The Secretary-General reiterates that the actions of those seeking to destabilize the Government and harm the country’s prospects for peace and stability must not undermine the important work of rebuilding the country’s infrastructure, promoting social cohesion, reconciliation and economic recovery, strengthening the rule of law, and creating opportunities for all.

He welcomes the important steps taken by the Government to address the root causes of the conflict through an inclusive political process and lay the foundations for long-term stability in the Central African Republic. He is confident that the upcoming donors’ conference in Brussels, on 17 November, will galvanize international support for these key priorities.

Déclaration attribuable au porte-parole du Secrétaire général sur la République centrafricaine

New York, 25 octobre 2016, Le Secrétaire général condamne les violences récentes du 24 octobre à Bangui, en République centrafricaine, qui ont causé la mort tragique d’au moins quatre civils et en ont blessé plus de neuf. Il déplore les attaques contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), au cours desquelles cinq casques bleus ont été blessés.

Le Secrétaire général salue la détermination du Gouvernement à garantir que les auteurs et les instigateurs de ces attaques soient traduits en justice. Il salue également l’engagement de la MINUSCA à enquêter sur ces évènements qui ont entraîné des morts et des blessés. Il réitère que la MINUSCA prendra toutes les mesures nécessaires conformément à son mandat pour protéger les civils et pour renforcer la stabilité.

Le Secrétaire général réitère que les actes de ceux dont l’objectif est de déstabiliser le Gouvernement et de nuire aux perspectives de paix et de stabilité dans le pays, ne doivent pas saper le travail important de reconstruction des infrastructures du pays et de sa cohésion sociale, de promotion de la réconciliation et du redressement économique, de renforcement de l’état de droit, et de création d’opportunités pour tous.

Il se félicite des importantes mesures prises par le Gouvernement pour résoudre les causes profondes du conflit par le biais d’un processus politique inclusif et pour jeter les bases d’une stabilité durable en République centrafricaine. Il est convaincu que la prochaine conférence des donateurs à Bruxelles le 17 novembre renforcera le soutien des partenaires internationaux à ces priorités majeures.

UN rights chief warns of violence re-escalating in Central African Republic

655005MINUSCA4 July 2016 – The United Nations human rights chief today warned that the security and human rights situation in the Central African Republic (CAR) may be starting to deteriorate again, after a series a major incidents in the capital of Bangui and rural areas. “While 2016 began on a positive note, with the successful holding of elections in February, recent events in Bangui and in several other parts of the country make me fear a re-escalation of violence in the coming months,” said UN High Commissioner for Human Rights Zeid Ra’ad Al Hussein in a news release. “There is an urgent need to disarm the armed groups – who remain far too powerful and retain the potential to reignite the conflict – as well as to restore State authority and rule of law, and to ensure the security of all civilians,” he added.

He noted that tensions have been on the rise in Bangui since mid-June between armed elements and soldiers serving with the United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA) in Bangui’s Muslim PK5 neighborhood. Six armed men were killed and some 15 civilians were injured in clashes on 20 June. On the same day, MINUSCA forces intervened to extract CAR and UN police officers from a Commissariat building surrounded by a hostile armed crowd. On 24 June, a Senegalese UN peacekeeper was also killed in Bangui by unidentified armed men.

A number of incidents have also taken place recently in several regions where armed groups continue to exercise control, committing serious human rights violations and preying on the civilian population. In all, clashes outside Bangui involving armed groups, including ex-Séléka and anti-Balaka, resulted in the killing of at least 17 people in June.

To achieve a sustainable peace and reconciliation, security and accountability must be improved, the justice system must be re-established and confidence in State institutions must be restored, Mr. Zeid stressed.

He also expressed his concern at the continuing human rights violations committed by the Lord’s Resistance Army (LRA) in the country’s southeast, including large-scale killings, mutilations, abductions, sex-slavery and forced recruitment of child soldiers. He said he was also deeply concerned by credible and deeply worrying allegations of human rights violations and abuses by members of the Ugandan army deployed to the CAR as part of the operation to counter the LRA.

During preliminary investigations, at least 18 women and girls said they were subjected to sexual violence and harassment by members of the Uganda People Defence Forces (UPDF). Mr. Zeid said his office has already approached the Ugandan authorities on allegations of sexual abuse and exploitation, abduction and forced marriage, and will continue to follow up this matter with great attention.

Déclaration attribuable au porte-parole du Secrétaire général sur République centrafricaine [Scroll down for English]

Ban-Ki-moon2New York, le 27 juin 2016
Le Secrétaire général condamne le meurtre d’un casque bleu de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine, survenu le 24 juin à Bangui. Le casque bleu a été tué par balle par des hommes armés non identifiés dans des circonstances encore non élucidées.
Le Secrétaire général présente ses sincères condoléances à la famille de la victime et au Gouvernement du Sénégal.
Le Secrétaire général exprime sa préoccupation concernant l’évolution récente de la situation sécuritaire dans le pays, notamment à Bangui. Il appelle le Président Faustin-Archange Touadéra, le Gouvernement centrafricain et tous les acteurs pertinents à continuer de poursuivre un processus inclusif pour la mise en œuvre du désarmement des groupes armés dans un esprit de réconciliation nationale et d’intégration.
Le Secrétaire général réitère que les attaques contre ceux qui travaillent pour la paix et la sécurité en République centrafricaine sont inacceptables. Il appelle le Gouvernement à s’assurer qu’une enquête complète sur les circonstances du crime soit conduite et que les auteurs soient traduits en justice.

Statement attributable to the Spokesman of the Secretary-General on Central African Republic

New York, 27 June 2016.

The Secretary-General condemns the killing of a peacekeeper from the Multidimensional Integrated Stabilization Mission in the Central African Republic (MINUSCA) on 24 June in Bangui. The peacekeeper was shot dead by unidentified armed men in circumstances that are still unclear.
The Secretary-General offers his sincere condolences to the family of the fallen peacekeeper and to the Government of Senegal.
The Secretary-General expresses concern about recent security trends in the country, including in Bangui. He calls on President Faustin-Archange Touadéra, the Central African Government and all relevant actors to continue pursuing a comprehensive process to achieve the disarmament of the armed groups in a spirit of national reconciliation and inclusiveness.
The Secretary-General reiterates that attacks against those who are working towards peace and security in the Central African Republic are unacceptable. He calls on the Government to ensure that the circumstances of the crime are fully investigated and that the perpetrators are brought to justice.

 

Déclaration attribuable au porte-parole du Secrétaire général suite à l’annonce des résultats provisoires des elections présidentielles en République centrafricaine

UN Secretary-General Ban Ki-moon on elections in the Central African Republic (please scroll down for English)

sg-feature1

New York, le 21 février 2016

Le Secrétaire général salue le déroulement pacifique des élections en République centrafricaine  le 14 février et prend note de l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielles. Il félicite le candidat M. Faustin Archange Touadéra pour sa victoire selon les résultats provisoires. Le Secrétaire général exprime aussi sa reconnaissance au candidat présidentiel M. Anicet Dologuélé pour sa posture d’homme d’état démontrée au cours de son discours reconnaissant les résultats.

Le Secrétaire général demande à tous les responsables politiques et les parties prenantes nationales de continuer de maintenir cette atmosphère constructive et à tous les acteurs de maintenir leurs engagements conformément au Code de Bonne Conduite. Le Secrétaire general appelle les autorités de transition à finaliser le processus électoral en organisant le second tour des élections législatives dans le temps imparti. Le Secrétaire général réitère l’engagement continu des Nations Unies à apporter son plein appui aux autorités de transition afin de mener à terme la transition politique d’ici le 31 mars.

Statement attributable to the Spokesman for the Secretary-General on announcement of the provisional results of the Presidential elections in the Central African Republic

The Secretary-General commends the peaceful holding of the elections in the Central African Republic on 14 February and takes note of the announcement of the provisional results of the Presidential elections. He congratulates presidential candidate Mr. Faustin Archange Touadéra for his victory according to the provisional results. The Secretary-General also extends his appreciation to presidential candidate Mr. Anicet Dologuele for the spirit of statesmanship demonstrated through his concession speech.

The Secretary-General calls on all political leaders and national stakeholders to continue to maintain the constructive atmosphere and for all actors to maintain their commitments in line with the electoral Code of Conduct. The Secretary-General calls on the Transitional Authorities to complete the electoral process through the timely holding of the second round of the legislative elections. The Secretary-General reiterates the commitment of the United Nations to continue providing its full support to the Transitional Authorities to ensure the completion of the political transition process by 31 March.

Central African Republic: UN relief coordinator strongly condemns attacks on sites for internally displaced

Humanitarian Coordinator in the Central African Republic Aurélien Agbénonci (2nd left), visits an IDP camp in Kaga Bandoro. Photo: MINUSCA/Nektarios Markogiannis

Humanitarian Coordinator in the Central African Republic Aurélien Agbénonci (2nd left), visits an IDP camp in Kaga Bandoro. Photo: MINUSCA/Nektarios Markogiannis

17 November 2015 – The top UN relief official in the Central African Republic (CAR) has condemned repeated and deadly attacks that took place last week on sites for internally displaced people (IDPs) in the towns of Batangafo and Bambari.

The sudden eruption of inter communal violence in Batangafo, Ouham Province last Tuesday left at least 10 people killed and several injured. Over 730 shelters were burned in the IDP site hosting over 30,000 people, which is currently the largest site in the country. Meanwhile in Bambari, Ouaka Province, the renewed violence left three people killed, more than 30 injured and newly displaced people.

“I condemn all attacks causing deaths and injuries among the civilian population, and remind all parties involved that the indiscriminate attack against civilians is a war crime,” said Aurélien Agbénonci, the UN Humanitarian Coordinator in the country, in a press release.

“The parties involved in the clashes must respect the inalienable rights of men, women and children to life. Civilians should not be targeted,” he added.

The fresh clashes in Batangafo reportedly forced thousands of people to flee towards the international non-governmental organizations, the compound of the UN Multidimensional Integrated Stabilization Mission in CAR (MINUSCA) as well as some public buildings.

According to the UN, the spiral of violence is also causing additional humanitarian needs in the country, and the increasing insecurity is rendering the work of humanitarian actors even more challenging.

Mr. Agbénonci stressed that despite the rising challenges, humanitarian workers are committed to stay and deliver live-saving assistance, including the provision of medical care, water and sanitation, and the distribution of non-food and food items.

“It is urgent that international laws and conventions are respected and that all parties to the conflict take immediate action and responsibility to respect the humanitarian space and secure the rights of the civilian population of the Central African Republic, who are among the most vulnerable people in the world. We need to end all this suffering that is unacceptable,” he stated.

Until the recent violence, the UN estimates CAR had an internally displaced population estimated at 399,000 people, while almost 460,000 had fled to neighboring countries.